Nouvelle-Calédonie

Rencontre en tribu kanak, Poindimié

Écrit par Claudia

Je quitte Voh par la Koné-Tiwaka, une centaine de kilomètres d’une route sinueuse qui m’offre un premier panorama sur les montagnes de l’île. Je ne m’arrêterai malheureusement que brièvement aux chutes de Pombei car je suis attendue en tribu kanak.

Col de Tango, Nouvelle-Calédonie

Col de Tango, Nouvelle-Calédonie

Pont de Bopope, Nouvelle-Calédonie

Pont de Bopope, Nouvelle-Calédonie

Le long de la Tiwaka, Pombei, Nouvelle-Calédonie

Le long de la Tiwaka, Pombei, Nouvelle-Calédonie

Devant la case d’Ernest, le chef de clan qui m’accueille aujourd’hui, personne.

Case mélanésienne, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Case mélanésienne, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Je pousse plus avant dans le village, jusqu’à la case communautaire où une centaine de personnes se sont réunis. Devant le totem, le chef de tribu s’affaire. On me fait signe de m’asseoir et de ranger mon appareil photo pour assister à la coutume du décès.

Au sol, des nattes et des manous distribués par tous les clans et que le porte-parole du chef répartit devant les poteaux de chaque clan pour le partage.

Je ne m’étais pas trompée ; Ernest est là, entouré de tous les hommes de son clan.

Totem de tribu, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Totem de tribu, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Je me plie à la coutume en lui offrant un manou, quelques billets et des produits de première nécessité qui serviront à tout le clan. En échange, il me souhaite la bienvenue et assure mon bon séjour au sein du clan.

Tandis qu’il ramasse quelques ignames dans son jardin littoral, je visite la case et la salle de bain extérieure. Il n’a pas de frigo et son explication, si terre à terre, me fait rire : « pour conserver les aliments, je les laisse dans mes arbres, c’est tout ».

Dans la case d'Ernest, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Dans la case d’Ernest, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Salle de bain de plein air, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Salle de bain de plein air, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Salle de bain de plein air, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Salle de bain de plein air, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Avare en mots, il préfère m’enseigner les gestes de son quotidien. Nous décochons au bâton quelques noix de coco qu’il m’apprend à râper pour obtenir du lait. Le geste n’est pas encore très assuré mais le bruit de la râpe sur la coco me séduit et je ne vois pas passer le temps.

La râpe des cocos, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

La râpe des cocos, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

La râpe des cocos, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

La râpe des cocos, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

La râpe des cocos, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

La râpe des cocos, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Râper les cocos, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Râper les cocos, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Au fond du jardin où poussent pêle-mêle piments, patates douces et faux poivriers, un bras de rivière plonge dans la mer.

Un épervier à l’épaule, j’applique à la lettre les conseils d’Ernest mais rien à faire : mon lancer est d’une tristesse incroyable et je m’en remets au geste précis d’Ernest pour espérer manger.

Pêche à l'épervier, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Pêche à l’épervier, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Pêche à l'épervier, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Pêche à l’épervier, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

De l’igname, des patates douces, du poisson et du lait de coco ; notre contribution au bougna de la communauté est prête.

Pendant que les hommes assistent en silence au partage des manous, je rejoins les femmes en cuisine.  Une fois les légumes coupés, nous brûlons légèrement les feuilles de bananiers pour les solidifier. Puis, nous enveloppons poissons, légumes et lait de coco dans les feuilles avant de déposer nos ballots sur les cendres chaudes et de couvrir notre four de terre.

Comme l’attente est longue, quatre ou cinq heures, les femmes me proposent des bâtons de canne à sucre à mâcher. Lentement, et malgré leur timidité, les langues se délient.

Cuisson du bougnat, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Cuisson du bougna, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Mâcher la canne, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Mâcher la canne, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

On m’invite à goûter le bougna, en me précisant que peu de personne aime vraiment ça car le plat est bourratif et souvent sec. Même si l’aspect n’est pas très ragoûtant, je suis agréablement surprise. Le poisson fond dans la bouche et le sucré de la patate douce se marie à merveille avec le lait de coco.

Dégustation de bougnat, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Dégustation de bougna, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Il est 16h et je quitte Ernest avec un brin de regret. Es-ce les circonstances si particulières de cette journée ou la retenue naturelle des kanaks qui l’entraîne, je ne sais pas. Mais approcher le quotidien d’une tribu ne se fait pas en une journée et je sais maintenant qu’il me faudra revenir en Nouvelle-Calédonie pour comprendre davantage la culture kanak.

Sur le chemin du gîte, la Tiwaka rejoint la mer. Je m’arrête pour prendre quelques photos et suis rapidement rejoint par Luc, un jeune homme d’une quarantaine d’années. Nous partageons un coucher de soleil et il me raconte ses parties de chasse et de pêche, sa volonté de vivre avec peu et sa philosophie, si proche des croyances mélanésiennes ; est pauvre celui qui ne peut pas partager ses biens car la vraie richesse se calcule en nombre de dons et non de possession.

C’est parfois la dure loi du voyage que de rencontrer la bonne personne juste avant de reprendre la route.

Je fais tata à Luc, comme on dit ici, et m’engage à la nuit tombée sur la piste du gîte Newejie.

Coucher de soleil sur la Tiwaka, Nouvelle-Calédonie

Coucher de soleil sur la Tiwaka, Nouvelle-Calédonie

Coucher de soleil sur la Tiwaka, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Coucher de soleil sur la Tiwaka, Poindimié, Nouvelle-Calédonie

Rencontre avec Luc, Tiwaka, Nouvelle-Calédonie

Rencontre avec Luc, Tiwaka, Nouvelle-Calédonie

Lire la suite de mes aventures en Nouvelle-Calédonie ICI (oui, ici)

Qui suis-je ?

Claudia

Spécialiste papilles et trek, elle marche pour nous de la Tasmanie à la Réunion et teste les voyages, les bons plans restaurants et les sports à la mode.

Ses voyages : Seule, à pied ou à vélo. Gros faible pour les immersions en communauté, les plats pimentés et les hauts sommets.

Zone de prédilection : l’Afrique et l’Asie

6 Commentaires

  • Un beau moment que tu as vécu là, ce n’est pas souvent qu’ils acceptent les étrangers lors des coutumes de deuil… Entre ça et la préparation du bougnat que de bons souvenirs partagés. Ces moments là passent trop vite je suis d’accord avec toi…
  • Heureusement, les contacts sur place me permettront d’y retourner et d’enrichir mon expérience. Mais je sais déjà, comme tu le dis, que c’est une grande chance d’avoir vécu ces moments éphémères et rares.
  • Belle expérience à lire! Comme dit plus haut, les étrangers sont rarement acceptés lors des deuils, mais les kanak sont toujours ouverts 🙂 En espérant que tu reviennes vite enrichir cette belle expérience! Par contre…. pas de « t » à bougna qui désigne une personne originaire du centre ouest de la France 😉

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